En 2017, l’auteure de fantasy Alexandra Rowland lance sur Tumblr une phrase courte qui va se propager sur internet : « The opposite of grimdark is hopepunk. Pass it on. » Sa publication suscite plus de 50 000 réactions. Un concept était né.
Le hopepunk est conçu comme l’opposé des dystopies des sous-genres grimdark et cyberpunk. Les récits de ce courant traitent de personnages qui luttent pour un changement positif, en coopérant avec une solidarité et une bienveillance radicales pour apporter des solutions communautaires aux problèmes
Comprendre le grimdark d’abord
Pour saisir le hopepunk, il faut comprendre ce contre quoi il se dresse. Le grimdark est un sous-genre de la fantasy qui part du principe que la nature humaine est fondamentalement sombre, que tout le monde recèle un fond de malice, d’avidité et d’égoïsme, que l’entropie finit toujours par l’emporter, et que le mal triomphe plus souvent que le bien parce qu’il a moins de scrupules à passer à l’action.
Le hopepunk regarde toute cette obscurité et dit : non. Nous n’avons pas fini de croire en mieux. Le hopepunk n’est pas doux. Il n’est pas naïf. Il ne prétend pas que la douleur n’existe pas. Il prend plutôt une position radicale : la gentillesse, la communauté et la résistance par la décence ne sont pas des faiblesses. Ce sont des armes.
Rowland a souligné que la colère fait partie du hopepunk : parfois, la chose la plus bienveillante qu’on puisse faire pour quelqu’un est de tenir tête à un tyran en son nom, et cela demande du courage et de la rage. Ce n’est pas de l’optimisme passif, mais de l’espoir combatif.
Pas de la naïveté. De la résistance.
La nuance est importante. Le hopepunk ne prétend pas que tout va bien. Il répond au grimdark en disant : « Je n’accepte pas ça. Je pense que les gens sont mesquins et cruels et méchants, mais aussi extraordinaires, et que nos communautés sont capables de choses incroyables. » C’est précisément parce que les choses sont difficiles que choisir l’espoir et la solidarité devient un acte politique, une forme de rébellion consciente contre le cynisme ambiant.
Pourquoi Go Pyrate! s’autoproclame comme étant une organisation hopepunk
Le monde du travail dérive de plus en plus vers le grimdark. Coupures en périodes de profits records, restructurations à tout va, surveillance accrue, désengagement généralisé, gestionnaires épuisés qui microgèrent parce qu’ils ne savent plus quoi faire d’autre, employés qui ont depuis longtemps renoncé à l’idée que leur travail pourrait avoir du sens. Le cynisme est devenu la posture par défaut. Ne pas y croire passe pour du réalisme. Espérer, pour de la naïveté.
Go Pyrate! refuse cette trajectoire. Pas parce qu’on ignore les problèmes réels, mais parce qu’on a choisi de croire, preuves à l’appui, que les organisations peuvent fonctionner autrement. Que les équipes peuvent se gouverner elles-mêmes. Que les gens peuvent contribuer pleinement quand on leur donne les bonnes conditions. Que le travail peut être un espace de liberté, de responsabilité et d’impact réel plutôt qu’une mécanique d’extraction de valeur déguisée en mission.
C’est ça, être hopepunk dans le monde du travail. Choisir délibérément l’espoir comme position de combat, pas comme illusion confortable. Et s’obstiner à construire quelque chose de mieux, même quand le grimdark ambiant essaie de nous convaincre que c’est impossible, que « c’est comme ça que le monde marche ».
Sources