Repreneuriat collectif

« Back to Glossary Index

Au Québec, plus du tiers des propriétaires d’entreprises ont 55 ans et plus. Dans les prochaines années, des milliers d’entre eux devront trouver preneur pour ce qu’ils ont bâti. La question qui se pose rarement, mais qui devrait se poser beaucoup plus souvent : et si les repreneurs, c’était l’équipe?

Le repreneuriat collectif est un transfert d’entreprise où l’acheteur est un collectif d’employés, de membres de la communauté ou d’usagers qui fait l’acquisition d’une entreprise pour l’exploiter en formule coopérative ou comme organisme à but non lucratif à vocation marchande.

On parle de repreneuriat collectif lorsque des employés s’unissent, parfois avec la personne qui les emploie, et forment une coopérative pour racheter l’entreprise. Tous deviennent des associés, à parts égales ou non.

Les formes que ça peut prendre

Ce transfert peut se faire vers différents types de structures : une coopérative de travail où les employés rachètent l’entreprise, une coopérative de travailleurs actionnaires où ils en acquièrent une partie, une coopérative de solidarité qui regroupe travailleurs, utilisateurs et membres de soutien, ou encore un OBNL à activité marchande. La forme varie selon les besoins et les acteurs impliqués, mais le principe est le même : le contrôle passe à ceux qui font le travail, pas à un investisseur externe.

Pourquoi c’est plus solide qu’on le pense

Selon une étude du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité, les coopératives sont deux fois plus nombreuses à franchir le cap des dix ans : 44,4% contre 19,5% des entreprises québécoises.

Une fois qu’une entreprise est transformée en coopérative, il est pratiquement impossible de la revendre, ce qui favorise son ancrage régional et la rétention des expertises dans la communauté. Ce n’est pas un détail anecdotique. C’est une protection structurelle contre la délocalisation, la revente à des intérêts étrangers et la disparition pure et simple d’un tissu économique local.

Par leur implication directe, les membres sont très motivés à assurer le succès de l’entreprise. Dans un contexte de rareté de la main-d’oeuvre, attacher ainsi le personnel à l’entreprise permet de stimuler leur engagement.

Pourquoi Go Pyrate! y croit

Le repreneuriat collectif est l’une des manifestations les plus concrètes de ce que Go Pyrate! défend : que les gens qui font le travail sont aussi les mieux placés pour décider comment il se fait, et qu’une organisation qui appartient à ceux qui la font est une organisation qui a de vraies raisons de performer.

C’est aussi une réponse directe à l’un des problèmes les plus criants du monde du travail actuel : des entreprises solides, bien établies, avec des équipes compétentes et loyales, qui disparaissent ou changent de mains parce que le propriétaire prend sa retraite et que personne n’a pensé à offrir l’option aux personnes qui y travaillaient depuis des années. Le repreneuriat collectif pose cette question avant qu’il soit trop tard. Et au Québec, l’écosystème pour le réaliser existe.

Sources